Le Lot, terre de saveurs


le foie gras

   Ce sont les Egyptiens qui commencèrent à gaver de figues les oies et canards il y a plus de 4500 ans.

  Puis les Grecs et Romains continuèrent ce procédé d'engraissement pour servir de fastueuses tables, comme celles d'un banquet décrit par Horace au Ier siècle avant J-C. L'engouement est tel que toutes les parties de la Gaule romanisée consomment du foie gras.

   Pendant la période médiévale, les animaux engraissés et leur foie gras font l'objet de nombreuses préparations. Cette tradition culinaire se développe rapidement avec l'arrivée du maïs rapporté des Amériques par Christophe Colomb  au XVe siècle. 

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la production du foie gras constitue une des bases le l'alimentation des paysans grâce à sa cuisson et sa conservation dans la graisse, tout en restant un met très recherché par les souverains européens de l'Ancien Régime. 

Au XIXe siècle, la mise au point des procédés de stérilisation favorise sa diffusion dans le monde entier, faisant l'un des fleurons de la gastronomie française. 

 

Il se mange nature ou bien accompagné de figues, de truffes ou sur pain d'épices :

 



le fromage de chèvre "Rocamadour"

Le nom initial de ce fromage caractéristique de Lot est "cabécou de Rocamadour" mais seule l'appellation "rocamadour" a été retenue.

Ce fromage est connu au moins depuis le XVe siècle ; J. Meulet a écrit une monographie dans laquelle il fait mention de ces petits fromages qui pouvaient servir à payer métayage et impôts. 

Le cabécou est fabriqué à base de lait cru de chèvre, à patte molle.

Il a la forme d'un palet de couleur blanche et présente un poids moyen de 35 grammes. 

L'affinage de 12 à 15 jours est un facteur important de qualité.

Il se savoure sur du pain grillé chaud, en salade, avec du vin rouge. 

Sa pâte libère des arômes de crème et de beurre teintés d'une légère odeur de chèvre.


 


l'agneau du Quercy

 

  L'agneau fermier du Quercy appartient à une race rustique qui est élevée sur les plateaux calcaires au nord du Lot, appelés "causses", peuplés de chênes, parsemés de genévriers : la Caussenarde du Lot ou brebis à lunettes.

 

  Les agneaux sont allaités par leur mère, qui paissent la journée dans les pâturages, pendant plus de 2 mois. Puis leur nourriture est complétée par du foin et des céréales durant 3 mois de plus. 

 

 


la noix

  Le Quercy est l'un des berceaux de la noix. On y trouve sa trace dans les habitations préhistoriques datant de 17000 ans. Pendant l'époque médiévale, les paysans acquittaient leurs dettes en noix ou huile de noix. Celle-ci était considérée comme un bien très précieux. 

  Le commerce se développe grâce aux gabares qui transportent au port de Libourne les noix, son huile et son bois de noyer pour façonner des meubles. 

 La noix fraîche est récoltée à maturité vers mi-septembre puis séparée de son enveloppe, le brou. Elle est vendue aussitôt pendant quelques semaines. 

  La noix sèche est, quant à elle, récoltée début octobre dès que son brou se fissure et tombe à terre. Elle est lavée, séchée à l'air libre ou par des ventilateurs à air chaud.

Elle permet l'élaboration de gâteaux et de délicieuses friandises enrobées de chocolat. 

   La fabrication encore artisanale de l'huile de noix en fait un produit précieux et naturel, au goût prononcé, très apprécié des gourmets. Il faut 2 kg de cerneaux de noix pour produire un litre d'huile. 

  Elle est délicieuse dans toutes les crudités et salades, mais aussi en assaisonnement de plats chauds en fin de cuisson comme les viandes grillées, les omelettes et les légumes.




la truffe

  La trufficulture est dans le Lot une tradition, complément de l'activité agricole familiale. Elle est auréolée d'un savoureux mystère : "la truffe, plus en parle, moins on a trouve " a-t-on coutume de dire dans le coin. Elle est surtout une affaire de passionnés car il faut attendre 15 ans pour voir un jeune chêne truffier se décider à produire... ou pas. 

 

  La truffe noire du Quercy se développe dans le sol calcaire au pied des petits chênes du causse. Ces chênes sont aujourd'hui mycorisés : ce sont des plants auxquels on a associé le mycélium de la truffe afin d'augmenter les chances de production. 

 

 En dépit de cette innovation, la formation de la truffe demeure une énigme, et sa cueillette, qui se déroule à l'aide de chiens ou de cochons spécialement dressés, se pare de conditionnel. Si les chênes ont été bien entretenus, si le printemps est tiède et humide, si l'été se déroule en une succession de chaleurs et d'orages, alors peut-être le parfum de "l'or noir" fera tourner les têtes. 

 

 La truffe est extraite de la terre et pourtant, son goût ne ressemble à rien de connu. Son côté inclassable et sauvage, ainsi que sa rareté, contribue à faire d'elle un produit de luxe dont le prix oscille selon la récolte entre 300 et 700 € le kilo. 

 

  Une lichette de truffe broyée ou coupée en lamelles n'a pas son pareil pour parfumer une simple omelette, une salade ou un plat de pommes de terre. 

 



le melon du Quercy


tartare de truite au melon         melon au Rocamadour             sorbet melon basilic                 tarte melon noisettes

 


  Le terroir du Quercy offre des reliefs vallonnés, des sols argilo-calcaires, et un climat favorables à la production d'un melon savoureux. L'argile procure une excellente rétention d'eau, permettant ainsi de réguler la nutrition hydrique de la plante. Les feuillets d'argile ont aussi la faculté de restituer à la plante les éléments minéraux essentiels à la croissance d'un fruit de bonne qualité. Dans cette zone, les producteurs sont regroupés dans des exploitations familiales et traditionnelles. 


  Pour persévérer et valoriser cette production agricole ancestrale, faisant partie intégrante du patrimoine culturel quercynois, les producteurs et les stations fruitières de la zone Quercy se sont unis au sein d'un syndicat interprofessionnel, avec pour objectif de garantir un niveau qualitatif du Melon du Quercy et de permettre une reconnaissance officielle de la zone de production. 





le safran

 

  Le safran provient d'une fleur soyeuse appelée Crocus Sativus Linnaeus, d'un bleu mauve. C'est en prélevant les stigmates de ces fleurs puis en les séchant, que l'on obtient cette précieuse épice. 

Sa présence est attestée depuis plus de 4500 an en Mésopotamie et au Cachemire. 

  Dès l'Antiquité, le fleur de safran fait l'objet de nombreuses légendes. Du fait de sa floraison subite et mystérieuse, le safran à une origine divine pour les Grecs : le jeune Crocos et son ami Hermès jouaient ensemble à lancer le disque ; au moment du lancer, Hermès fut ébloui par le soleil et son disque frappa Crocos au front d’une blessure mortelle. Là où le sang avait coulé, sortit de terre une belle fleur aux stigmates rouge sang qui devint symbole de vie et de résurrection.

  Le Crocus Sativus se répand très rapidement sur tout le pourtour du bassin méditerranéen, grâce aux marchands phéniciens. Dès 1552 avant JC, un papyrus égyptien fait l’inventaire des vertus médicinales du safran. Hippocrate, Homère, Virgile évoquent aussi ses propriétés stimulantes, digestives, antispasmodiques qui ne se sont jamais démenties depuis.


 Depuis l’Antiquité, il est aussi fort apprécié pour teindre les étoffes d’un jaune lumineux : toges de l’Egypte antique, vêtements royaux, voiles des romaines, enluminures médiévales, tuniques des moines bouddhistes. Sa couleur hautement symbolique a valeur de richesse et d’allégresse.

 

  Ce sont probablement les Croisés qui introduisent le safran en France, au XIe siècle, ainsi que les Arabes qui répandent sa culture par l’Espagne. D’abord installée dans le sud, en Provence et dans l’Albigeois, la culture s’est étendue vers le nord. 

  En Quercy et dans l’Albigeois, le safran occupe des surfaces importantes et connaît jusqu’à la révolution française une prospérité telle que son prix est calculé par quintal.

  Son envergure commerciale était internationale. Nos terroirs fournissaient un safran d'excellente qualité très apprécié par les consommateurs des pays nordiques. Le safran était classé parmi les productions les plus importantes, ce qui a obligé les plus hautes autorités à intervenir plusieurs fois pour légiférer la culture, le commerce et l'imposition. 

   En France, la commercialisation du safran fait l’objet de marchés spécifiques. Ainsi, en 1589, le roi Henri III accorde la création de quatre foires annuelles et d’un marché hebdomadaire à Albas dans le Lot. 

  La production du safran nécessite une main d’œuvre importante et spécialisée ainsi qu’une conduite culturale minutieuse. Certains hivers trop rigoureux anéantissent les cultures. Ces facteurs, combinés avec une évolution de l’agriculture française, contribuent à une disparition brutale de la culture du safran en Quercy au XVIIIe siècle.

  Après la Révolution, le safran ne subsiste que dans les jardins, pour une consommation familiale. C’est d’ailleurs à partir de quelques bulbes de safran, retrouvés dans les potagers autour de Cajarc, bien à l’abri d’un muret de pierres sèches, qu’est venu l’idée de relancer cette production en 1997. Aujourd’hui, grâce à la volonté d’hommes et de femmes attachés à leur terroir, les safranières reprennent vie et produisent à nouveau un safran de haute qualité, bientôt en label rouge. 

  Enfin, son usage culinaire le place sans conteste au premier rang des épices dans le monde. Le safran du Quercy embellit aussi bien un mets salé qu’un mets sucré, lui apportant une touche d’or, une suavité, une chaleur sans jamais être piquant, et ce, à dose infinitésimale. Il était largement utilisé dans de nombreux plats : le plus célèbre, en Quercy étant le mourtaïrol, servi lors des grands événements.

  Aujourd’hui, il revient en force dans la cuisine, parfumant viandes et poissons, riz et pâtes. Il rehausse subtilement la saveur de nos desserts traditionnels : gâteaux, entremets, glaces.

 


      moules à la crème de safran                  lieu au citron confit et safran                      crème caramel au safran


les champignons

  La saison des champignons s’étale essentiellement d’avril à novembre, même si on trouve d’autres espèces tout au long de l’année. Au printemps, discrètement, ce sont les hygrophores de mars, les morilles et les tricholomes de la Saint-Georges que l’on peut récolter. Si le printemps n’a pas été trop sec, des girolles et des cèpes paraîtront au cours de l’été : mais la saison la meilleure est l’automne, avec son foisonnement de rosés des près, de coulemelles et de trompettes de la mort.

              cèpe

girolle

morille

tricholome

trompette


 À l’origine du mycélium est la germination d’une spore, qui prend naissance sous le chapeau du champignon, entre les lamelles ou les aiguillons, ou bien à l’intérieur des tubes ; dans une couche de cellules fertiles qui s’appelle l’hyménium. À maturité, des milliards de spores sont lâchées, mais ce n’est qu’un très faible nombre d’entre elles qui germent et donnent la vie au mycélium primaire, réduit à un simple filament. 

   Les mycéliums primaires qui résultent de la germination de ces spores se développent, et quand deux filaments de types compatibles se rencontrent, ils fusionnent pour former un mycélium secondaire qui continue à son tour de se répandre.



 

pommes de terre aux cèpes


velouté de potimaron aux cèpes

omelette aux cèpes